Les mariages à Saint-Hilarion 


Au début du siècle dernier



cortège, à la sortie de la mairie au début du XIXe siècle

<< Ci-contre, sortie en cortège d'un mariage, à la mairie de Saint-Hilarion au début du siècle dernier. On remarquera le garde-champêtre faisant la circulation.

Dans son compte-rendu de réunion du 26 octobre 1932, la Société archéologique de Rambouillet fait état d'une communication de M. Léon Risch sur les usages matrimoniaux à Saint-Hilarion au début du XIXe siècle.

Voici cette communication telle que rapportée dans ce compte-rendu.


M. Risch, ancien instituteur à Saint-Hilarion, membre correspondant de la société, signale (...) quelques détails folkloriques recueillis auprès des anciens de Saint-Hilarion de 1902 à 1908, concernant les mariages.

Lorsqu'un jeune homme étranger au pays venait prendre femme à Saint-Hilarion, on lui présentait à la sortie de l'église, du vin et des biscuits, et on tirait en son honneur des coups de fusils. Cette coutume subsiste encore de nos jours (vers 1902).

Les coutumes suivantes ont disparu :

  1. Les mariés étaient conduits de la mairie à l'église par les jeunes filles de la noce, en procession, précédés de la bannière prise à l'église.
  2. Lorsque la cérémonie nuptiale était terminée, le marié quittait le cortège pour arriver le premier au domicile de la mariée. Faute de quoi, cette dernière était obligée de boire la « bolée », étrange mixture composée de bouillon, de vin, de moutarde, de sel et de poivre. Il est bon de dire qu'on se contentait du simulacre et que la mariée trempait seulement les lèvres.
  3. En arrivant à son domicile, la mariée trouvait en travers de la porte un balai. Elle devait le ramasser et le ranger, c'était l'indice qu'elle serait une bonne ménagère.
  4. Après le déjeuner, on courait la « livrée ». Au signal donné par le violonneux de la noce, toutes les jeunes filles y assistant, participaient à une petite course. La 1re arrivée dans les bras du marié recevait comme récompense un ruban ou une ceinture. Après, c'étaient les jeunes gens qui couraient vers la mariée, le vainqueur recevait une cravate. Parfois les hommes et les femmes couraient aussi « la livrée ».
  5. Après le célébration du mariage, la 1re fois que la mariée se rendait à la messe, les jeunes filles, ses anciennes compagnes, lui présentaient à baiser, une quenouille en permanence sur l'autel de la Vierge et désignée sous le nom de « Quenouille de la Vierge ».
  6. L'enfant d'une fille-mère assistait au mariage de celle-ci et portait une couronne de fleurs d'oranger. Après la cérémonie religieuse, à la sortie de l'église, la couronne passait de la tête de l'enfant à celle de la mère.
  7. Quand une veuve se remariait, on organisait un « charivari », qui l'accompagnait de la mairie à l'église et de l'église à son domicile particulier.
  8. On évitait avec soin 2 mariages le même jour. Au premier célébré était réservé toute la chance, au second tous les déboires. On ne se mariait jamais les mardi, mercredi, et vendredi de chaque semaine, ces jours portant malheur.
texte : Mémoires de la Société archéologique de Rambouillet, tome XXIX, année 1941, pages 12 et 13.
photo : Collection personnelle de M. Michel Goguet.

Merci à la Société Historique et Archéologique de Rambouillet et de l'Yveline (SHARY) pour son accueil très chaleureux. Site : www.shary.fr